Le pétrole est-il au bord d’une nouvelle crise ? C’est la question qui domine actuellement les analyses du marché mondial de l’or noir dans un contexte géopolitique tourmenté, adossé à une conjoncture économique incertaine.

Une crise que craignent les producteurs, en premier lieu, face à une éventuelle chute des cours du baril et un recul prédit de la demande. En tout état de cause, on n’en est encore qu’aux conjectures en attendant l’évolution des choses. Le pétrole traverse, en fait, une période incertaine et, mouvementée depuis plusieurs mois, par rapport au conflit commercial qui perdure entre la Chine et les Etats-Unis, et les tensions récentes dans le détroit d’Ormuz, où transite 20% du pétrole mondial, ce qui risque d’influer sur la demande en pétrole à la baisse. Une perspective évoquée, vendredi dernier, par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) qui a abaissé ses prévisions pour la croissance de la demande mondiale de pétrole en 2019 et 2020. «Les perspectives sont fragiles et la probabilité d'une révision à la baisse est plus grande que celle à la hausse», note dans ce sens le rapport de l’Agence. Selon certains spécialistes, même si le baril a légèrement repris mardi dernier à 60 dollars, «ni les tensions avec l’Iran, ni les efforts de l’Opep pour réduire sa production ne semblent le soutenir, bien au contraire, le baril persiste à la baisse».
C’est l’avis de Benjamin Louvet, gérant matières premières à l'OFI Asset Management, qui affirme que les incidents dans le détroit d’Ormuz devraient «en principe faire flamber les cours. Mais rien n’y fait». Du point de vue de l’expert, qui s’exprimait hier, sur des médias français, dont France Info et BFMTV, «Ce qui pèse le plus sur les prix, c’est le risque d’une baisse de la demande en pétrole du fait du ralentissement de la croissance mondiale, elle-même conséquence de la guerre commerciale États-Unis / Chine». Et de préciser que «c’est surtout la demande chinoise qui inquiète, la Chine étant le premier importateur de brut au monde», en plus du fait que «le marché mondial est largement excédentaire depuis que les Américains se sont lancés dans l’exploitation à outrance de leur pétrole de schiste». En conséquence, «Avec une demande qui faiblit et une production qui augmente, les prix ne peuvent que baisser», conclut-il. Ce dernier admet que «la situation s’était à peu près équilibrée», l’année dernière, à la faveur des efforts de l’OPEP+, dont la Russie, «pour rééquilibrer le marché, de réduire sa production». Aussi, «On attendait une croissance cette année de l’économie mondiale plutôt soutenue. Et donc une croissance de la demande de pétrole. Parce que pour avoir de la croissance économique, il faut plus de pétrole. Donc on s’attendait à ce que cette situation s’équilibre comme cela». Mais cette stabilité attendue n’est pas au rendez-vous. «Les tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis ont un peu dégénéré», affirme-t-il, et «Cela promet, si les tensions n’arrivent pas à se régler, un ralentissement du commerce mondial». Et «Si ralentissement du commerce mondial il y a, il y a moins de consommation de pétrole. En particulier si ce ralentissement est en Chine puisque c’est la Chine qui tire la croissance de la demande de pétrole aujourd’hui.C’est le premier importateur de pétrole».
Dans son analyse, le spécialiste estime que «Le marché est très fragile» et qu’«Aujourd’hui, il y a des forces très importantes qui pourraient rapidement pousser les prix à la hausse ou à la baisse».
D. Akila



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