(BFM Bourse) - Les investisseurs s'attendent à une demande mondiale en berne pour l'or noir, alors que les relations commerciales se tendent de nouveau entre les Etats-Unis et la Chine.

L'or noir n'échappe pas à la sinistrose des marchés. Les prix du pétrole baissaient lundi en cours d'échanges européens, tirés par les craintes liées aux tensions commerciales, et ce malgré une offre quelque peu réduite.

Vers 13h05, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en octobre valait 61,20 dollars à Londres, en baisse de 1,11% par rapport à la clôture de vendredi. A New York, le baril américain de WTI pour livraison en septembre valait 55,12 dollars contre 55,66 à la clôture vendredi, soit une baisse de 0,97%.


Jeudi dernier, à l'annonce de la mise en place en septembre de nouvelles taxes douanières sur les importations chinoises par les Etats-Unis, le baril de WTI avait déjà connu (avec une baisse de près de 8%), sa plus forte chute en une journée depuis 2015.

Les tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis "ont un impact visible sur les prix du pétrole" a expliqué Carsten Fritsch, analyste chez Commerzbank. Le président américain Donald Trump a en effet relancé jeudi la guerre commerciale contre Pékin, en annonçant son intention d'étendre des droits de douane supplémentaires à la quasi-totalité des importations en provenance de Chine à compter du 1er septembre. Selon des informations de presse, le gouvernement chinois a demandé à ses entreprises publiques de suspendre l'achat de produits agricoles américains, ce que le gouvernement a réfuté. Ce regain de tensions a fait chuter lundi le yuan à un niveau plus vu depuis une décennie.

Des perspectives de demande mondiale en berne
Comme l'a rappelé M. Fritsch, les États-Unis et la Chine sont les deux plus gros consommateurs de pétrole, donc "un ralentissement économique causé par de nouveaux droits de douane punitifs n'épargnera surement pas les prix du pétrole".

Selon Stephen Brennock, analyste chez PVM Reports, quelques éléments auraient pu aider à faire monter le cours de l'or noir, tels que la fermeture du champ de pétrole de Sharara en Libye après le sabotage d'un oléoduc, ou encore une baisse plus forte qu'attendu des stocks américains la semaine dernière.

Mais ces éléments "faisaient pâle figure à coté des perspectives assombries de la demande mondiale", a-t-il souligné.

(Avec AFP)



Commentaires

Ajouter un Commentaire